biographie, récit de vie, écrit catharsis

AUCUN HASARD

 

« AUCUN HASARD » Récit de vie

 

biographie, récit de vie, écrit catharsis

Ce récit de vie, initié en 2011, a abouti en 2014. Cette lente maturation a permis à Evelyne de cheminer pour extraire l’essentiel de sa pensée qu’elle livre avec pudeur et authenticité. Son histoire loin d’être facile nous livre la lutte d’une femme en proie aux difficiles épreuves de la vie mais qui ne retient que le pardon et l’amour.

J’ai eu un plaisir immense à collaborer à l’écriture de cette biographie avec en plus d’un vécu riche, m’a donné l’opportunité d’écrire un conte adapté qui qui est émaillée des aquarelles d’Evelyne.

L’ouvrage est un très bel exemple du travail catharsis qu’apporte l’écriture.

EXTRAITS DE SON LIVRE autobiographique

 Prologue

De ce fragment de vie cassée, le  désir d’écrire ma blessure sur des cahiers m’a emporté. Après m’être vidée d’un torrent de mots, désordonné, puissant, j’ai commencé à reconstruire plus calmement mon histoire. C’est ainsi que je suis revenue aux sources, à mon récit d’enfance.

L’autonomie d’une jeune fille timide

Une aventure participa grandement à l’avènement de mon autonomie. Avec Chantal, une amie qui était au lycée avec moi. Nous cherchions un job pour l’été et  avions trouvé une annonce : « Ramasser des fruits en Angleterre. » Partantes pour l’aventure, on décide de partir en stop ! L’une comme l’autre, nous en parlons à nos parents pour les informer de notre départ,  ne leur laissant pas le choix. Ils furent bien évidemment  mécontents de nous voir partir à l’aventure. Sans en avoir l’autorisation,  insouciantes, nous avons pris la route. Nous avons fait le voyage dans un camion sans fenêtre pour arriver enfin sur le lieu de travail. C’était une coopérative qui engageait des jeunes de toutes nationalités, en les payant une misère. Nous sortions beaucoup, on s’est même retrouvée dans un commissariat, sans argent et sans logement, essayant les casques des policiers, inconscientes de la gravité de la situation ! Cette virée a une grande importance dans mon histoire et marque le départ de mon émancipation. J’avais besoin de partir sans sécurité et paradoxalement, de manière innée, j’ai toujours gardé un fond de  vigilance pendant notre escapade.
Avec le recul, je m’aperçois quel exploit ce fût pour la jeune fille timide que j’étais, issue d’un milieu peu propice  à  une aventure si folle de me laisser partir. C’était l’année de ma terminale, avant ma rentrée en université.

 Le rêve d’une vie facile s’envole

Dans ce minuscule espace logeaient tout ce dont nous avions besoin : une kitchenette, un matelas par terre en guise de chambre, deux poufs à l’effigie de Mickey, une planche soutenue par un pied bricolée comme table de salon, notre bureau fait d’une planche flanquée de tréteaux et enfin une étagère pour recevoir nos livres, toujours en activité dans la chambre de Marine ! Et nous étions heureux, rien ne nous manquait…

…Aussitôt que nous avons vu Marine, Héfène de son prénom d’origine, avec des grands yeux qui mangeaient son maigre visage aucun doute ne s’installa en nous… Elle allait être notre premier enfant. Son passé était  lourd. Elle avait huit mois quand nos regards se sont croisés. C’était une enfant dénutrie et malade mais étant dans le milieu médical nous savions que nous pourrions faire face à la situation délicate qu’impliquait son état de santé… Son développement était anormal, elle ne rattrapait pas le retard qu’une enfant dénutrie aurait du combler après quelques mois. Le verdict « débilité mentale » avait été prononcé et ce  fut très dur pour moi… Je n’étais pas préparée à vivre mon désir d’être mère dans des conditions si difficiles car la blessure de ne jamais pouvoir être enceinte n’était pas encore cicatrisée. Mais le soutien d’O et de ma maman, très présente et qui se gardait de tout jugement, m’a permis de dépasser les difficultés sans me  poser de question.

…Ce fut grâce à Kimba, une femme dévouée qui accompagnait les couples adoptants que la deuxième porte s’est ouverte pour nous….Nous sommes  partis  au Viet Nam au mois de mai 1992 avec un bon dossier mais sans enfant prévu pour nous. Il y avait sans doute une forme de naïveté et d’inconscience dans notre départ mais nous étions déterminés et avions une grande confiance dans Kimba…Le lendemain, on est venu nous chercher pour entamer notre démarche, plus exactement notre parcours du combattant, en commençant par l’orphelinat, tenu par une directrice austère et rigide. Sachant que nous travaillions dans le domaine médical, elle nous proposa des enfants malades ou à problèmes. Conscients des grandes difficultés qu’on rencontrerait avec Marine,   nous refusions, même si  j’avais toujours dit que je ne refuserais aucun enfant qui avait besoin de nous…La magie opéra et sans qu’on s’y attende, elles revinrent avec un poupon joufflu, visiblement bien portant et me le mirent dans les bras. Miracle, ô miracle, cet enfant nous était destiné…Pourquoi nous, alors que d’autres adoptants, surtout des américaines de surcroît, se pressaient à l’hôpital dans l’espoir de repartir avec un bébé dans les bras ? Je mesurai ma grande chance… Mais il fallait donc respecter le circuit et repasser par la case orphelinat tenue par la directrice à qui nous avions refusé de prendre des enfants quelques jours plus tôt. Elle prit donc tout son temps pour nous délivrer le précieux sésame de sortie de territoire de Manuel et nous dûmes mettre encore la main à la poche pour obtenir le visa à temps. Le pays étant assez corrompu, nous réussîmes à être en règle le jour de notre départ. Nos sentiments oscillaient entre joie, émotions et frayeurs et jusqu’à notre installation dans l’avion, je craignais qu’on me reprenne mon enfant…

La lutte usante d’une vie difficile

Tous ces malheurs, bien que nous les surmontions, m’usèrent petit à petit. Cela faisait trop de problèmes à surmonter et  mon énergie vitale  a commencé à décroître dramatiquement. Quand le soir arrivait, j’étais  vidée et j’allais me coucher…Nous vivions aussi la désillusion de nos rêves de jeunesse. Moi d’avoir une grande famille et Olivier d’avoir un enfant biologique…Il m’avait demandé de poursuivre la FIV mais après quelques années, Marine avait épuisé mes forces et je ne me sentais plus le courage de repartir au combat. J’avais envie de me poser…Aujourd’hui, je sais que cette blessure est là et que je n’ai pas assez laissé parler mon cœur. J’aurais tellement voulu voir le jardin éclaboussé des rires  des enfants jouant dans la piscine…J’écris cela aujourd’hui, après avoir analysé notre parcours mais à l’époque, emportés par les remous de la vie, nous étions fiers de tenir malgré tous les problèmes qui ne manquaient pas de se présenter…A partir de là, notre cercle amical nous entraîna dans des fêtes prestigieuses, de soirées inoubliables et de belles rencontres. Mais avec le recul, je me rends compte que tous ces artifices ne faisaient que  cacher la médiocrité de notre vie de couple. Les liens durables avaient déserté pour se satisfaire de relations superficielles.Sans doute après toutes ces années de galère, j’avais besoin de frivolité, de partager des moments d’émotions fortes mais je devais oublier l’essentiel : de mieux porter attention  à mon mari…Le vase clos dans lequel nous vivions ne laissait plus respirer notre couple et nous nous enfermions inévitablement dans un piège.

La rupture et la trahison

Un second amour dont il ne voulait probablement pas, lui était tombé dessus et il n’a pas su y résister.  L’impossible, pour moi, était  devenu possible…Les faits ont parlé, il me faut une dizaine de jours pour récupérer du choc de la nouvelle. Mais, de façon instinctive, une envie irrépressible de coucher des mots sur le papier me prend et je m’installe sous le haut-vent. Le flot de  mots  filent sur la page blanche comme une rivière trop longtemps retenue et ne s’arrêtera plus…Mon état d’esprit était de combattre et de rester positive. Il fallait désormais que je cicatrise mes blessures…En plus d’écrire, je me mis à lire, chose que je ne faisais pas jusqu’à present. Cela m’a permis de relativiser et de mieux comprendre  que les relations humaines sont compliquées, difficiles mais tellement intéressantes à décrypter…Je découvrais que faire la part des choses est une expression communément employée par ceux qui ne veulent pas s’occuper des autres, c’est surtout se contenter de soi, Mais peut-on vivre librement sans s’occuper des autres et de ce qu’ils ressentent ?

L’éveil spirituel

Puis, j’ai commencé à me demander d’où me venait cette force intérieure qui me soutenait dans mon épreuve et qui me poussait à écrire toujours plus…C’est là que commence, une autre histoire, celle de la découverte qu’une force invisible me porte, me soutient. Cette même énergie qui sans que je le sache, me pousse à écrire encore et encore, et qui me souffle les mots. Je noircis des pages sans  en maîtriser la pensée, la cohérence. Je sais que je suis dans une période vulnérable, fragile où l’inconscient a une très grande place, où les émotions qui me submergent prennent le pas sur un discours et une pensée rationnelle…L’écriture était devenue nécessaire pour moi. Par mes mots, je simplifiais ma vision du monde. Mon mari, sans le savoir, m’avait permis cela. Tous les soirs, je reprenais le crayon de bois pour raconter ma vie, de plus en plus précisément, aidée par les signes qui me venaient de l’au-delà…

Le pardon

Si au début, j’avais entamé le projet d’écrire pour crier au monde les affres de la trahison, au fil des jours je sentais le besoin de transmettre tout ce que je recevais de Christian et de Christine, cette belle âme qui avait tant à donner. Je voulais mettre les blessures et les souffrances de côté et me tourner vers la joie et le bonheur car moi aussi j’étais une belle âme, la médium me l’avait dit…J’étais en progression constante vers la paix intérieure, guidée par les âmes bienveillantes. Il me fallait aller  vers la compassion, la sérénité et le non-jugement pour atteindre le pardon.

Un autre extrait sur mon blog

 

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