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Au nom du père

« Au nom du père » de François Jaladeau et Dany

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Co-auteurs, frères de nouveau réunis, Dany et François nous livrent une saga familiale. Dany raconte et François écrit complétant l’histoire de son propre récit de vie.

François Jaladeau n’est plus un débutant puisqu’il signe avec ce livre son quatrième ouvrage qui comme les précédents parle d’amour, thème de prédilection de cet auteur

Synthèse du récit « Au nom du père »

Aujourd’hui je suis amené à prendre la plume pour témoigner de la vie de Dany et lui accorder enfin une place dans sa famille biologique. Cette mémoire s’accompagne de mon propre souvenir, éclairage de mon expérience auprès d’un père inconnu de lui. Mais ce père, au fil de l’écriture, je l’ai redécouvert.

Comprendre l’itinéraire de notre père, percevoir l’homme qu’il a été, poser un regard plus bienveillant sur lui et surtout répondre au désir de mon frère de connaître sa filiation.

Ce livre m’a ouvert à plus d’amour. Grâce à ses trois existences enchâssées, un livre est né.

Extraits du livre « Au nom du père »

AVANT-PROPOS

L’amour est pour l’homme une nécessité vitale.

Il faut savoir rester seul parfois, pour percevoir les battements sourds et lents de son cœur, écouter ce qui vibre en soi, trouver un sens à l’existence. Transmettre ce qu’on ressent et ce qu’on sait. Ecrire.

Il faut tenter d’avoir une parole juste. Les mots sont précieux. Chaque mot que l’on écrit est important, il a un impact, il nous définit, je suis attentif à ceux que je choisis et prends toujours le temps d’écrire. La couleur des mots n’est pas superficielle : elle peut être profonde et chaude, ou passer d’un bleu intense au bleu glacier.

C’est par la forme que l’impulsion artistique peut trouver une sorte d’issue. En donnant forme à l’informe. Par l’écriture d’un récit. Cela n’a pas d’importance de n’être pas publié. L’écriture de ce livre est une respiration. Il est écrit pour témoigner, contribuer à transmettre.

Je ne sais où je vais échouer, où tout cela me mènera. Parfois, il est des mots, des propos, des phrases qui déconcertent, provoquent tout un remue-ménage, vont à rebours de ce qui gouverne notre existence et qui, par là-même, invitent à soulever le couvercle sous lequel on étouffe. C’est pourquoi aujourd’hui je suis amené à prendre la plume pour témoigner de la vie de Dany et lui accorder enfin ce dont depuis longtemps il avait un si douloureux besoin : connaître sa filiation et sa famille biologique.

Au tréfonds de son être, une plaie suintait, que maintenaient à vif maintes de ces questions. Elles le taraudaient. Elles ne furent tout d’abord qu’un malaise, un désarroi, une lancinante sensation de manque, l’âpre nostalgie de ce que l’on ne saurait nommer, une infranchissable solitude.

Ce récit rassemble les traces laissées par un homme qui, avec les années, n’a fait qu’obéir à un urgent besoin de se révéler à lui-même, se clarifier, s’unifier. Obéir à l’impérieuse nécessité d’accéder à la lumière, celle d’exister à part entière et d’être reconnu ; connaître ses origines pour lui-même et pour les siens, pour qu’ils sachent. Sans aucune autre logique, sinon celle du cœur, du lien familial.

Cette mémoire s’accompagne de mon propre souvenir, une sorte d’étai que je lègue à mon frère de sang, éclairage de mon expérience auprès d’un père commun qui lui est inconnu.

La situation, l’argent, les diplômes, dans notre réalité intérieure, importent peu, n’importent pas. Ce qui compte, c’est ce qu’on est, c’est ce qu’on vaut, ce qu’on a dans les tripes.

La recherche de soi est un long chemin. Au début, il n’est d’ailleurs pas de chemin. Seule règne une obscurité profonde, ténèbres faites d’interrogations, de doutes, de lassitude et de découragement, de difficulté à vivre. Mais un travail plus ou moins conscient et voulu d’élucidation et de clarification parvient à les repousser, à y faire naître une faible lueur. Alors des barrières commencent à tomber, des obstacles à disparaître et un chemin finit par s’ouvrir. Il permettra à Dany de se connaître davantage et de vivre en bonne intelligence avec tous.

La sérénité qu’il vit aujourd’hui marque un indéniable accomplissement mais elle n’empêche en rien de se laisser porter par l’instant. Cet instant qui est là. Carpe diem : cueille chaque jour.

LA DISPARITION

Mon père est mort cette nuit.

Je l’ai appris ce matin par téléphone. Il m’a semblé vieillir d’un seul coup : une partie insaisissable de ma vie venait de disparaître. Il m’a semblé un instant être nu, grelottant face à l’avenir immédiat. Je me suis mis soudain à pleurer de façon incontrôlée, sans pouvoir m’arrêter. Puis ce fut le vide, le calme s’installa, une sorte de sérénité m’envahit, ce fut comme si je m’étais allégé.

Soulagé pour lui, oui, mais j’étais aussi tout simplement soulagé. J’étais libéré de cette conscience qui me déstabilisait, me jugeait sans le dire, qui jamais ne m’encourageait, ce père qui semblait me mettre en confiance pour mieux m’anéantir l’instant d’après. J’étais libéré d’un père pesant, encombrant, et paradoxalement absent. J’étais libéré d’un père que je n’avais jamais vraiment eu.

LA LETTRE

En mars 2006, par un concours de circonstance D. apprit le décès de son père. Il fut abasourdi par la nouvelle car jusqu’à cette date il espérait que son père reprenne contact avec lui. Il réalisait que la mort de son géniteur ouvrait un trou béant sous ses pieds…Ses pensées l’assaillirent : il ne peut pas, il ne pourra plus jamais parler avec son père. Se connaître et se reconnaître…Mais tout n’était pas perdu puisque ce père avait essaimé des enfants, promesse d’une possible fratrie à aimer, d’une éventuelle reconnaissance à exister au sein d’une famille.

A défaut de connaître vraiment son père de sang, pourrait-il retrouver ses frères et sœurs ? Les connaître ? Désormais adultes, il ne risquerait pas de déstabiliser pas leurs vies. Il se mit en tête d’aller vers eux.

M. je m’adresse à vous parce que vous êtes l’aînée. Je ne connais rien de vos relations avec vos frères et sœurs et je vous laisse seule juge de leur faire part de ma lettre ou pas.

Je ne voudrais pas que mon histoire vienne ternir l’image de votre père. Moi je ne lui en veux pas, je ne porte pas de jugement sur son passé. Comme dit le proverbe : « qui pourrait tout comprendre voudrait tout pardonner. »

Si vous souhaitez me rencontrer, bien sûr j’en serais heureux, mais si vous ne donnez pas suite, je ne vous en voudrais pas.

Bien sincèrement, D.

LA DIVULGATION

Ma sœur Martine me téléphona pour me faire part qu’elle avait reçu une lettre. A sa façon, avec une désinvolture apparente, elle me révéla que nous avions un nouveau frère. Je reçus par fax le courrier de D. Très ému, je décidai de répondre immédiatement

D.,

Je suis très touché par son contenu, très sensible à votre démarche, et de la façon dont vous avez procédé. Afin de faire un peu connaissance et si vous le souhaitez, de prévoir une rencontre en Bretagne. Que pensez-vous d’un plateau de fruits de mer à partager pour faire plus ample connaissance ?

Sincères Salutations

François Jaladeau

Le soir même un courriel s’afficha sur mon écran, il était 22 heures 27.

Tu ne peux t’imaginer à quel point ton mail m’a fait plaisir et ému, je n’ai pu m’empêcher de pleurer ;

-oui pour faire connaissance et les fruits de mer ;

-oui pour le séjour.

Je suis tellement heureux.

Merci de ta gentillesse. D.

Dany était venu jusqu’à nous. Je reconnus immédiatement mon frère. L’évidence de la ressemblance avec mon père était impressionnante. Je constatai sur l’instant un sourire connu, quelques intonations de voix, et puis, en y regardant de plus près, le même décalage qu’avait notre père, entre la base du nez et la lèvre supérieure. Cet homme, bien qu’il fût – à l’inverse de notre père – plus grand et pourvu de tous ses cheveux, lui ressemblait inévitablement. Il dégageait le charme rassurant de la découverte d’un être qui semble déjà connu, en beaucoup mieux.

Beaucoup de choses se dirent ce jour-là. Il me fallait cependant ne pas décevoir Dany sur l’image « vierge » de son père.

Je recevais un énorme cadeau de la vie, à domicile. J’eus réellement le sentiment qu’il était ce que notre père avait fait de mieux; Dany était involontairement ce qu’il nous avait laissé de plus précieux. Cela me réconciliait un peu avec son souvenir, arrondissait quelque peu les angles de mon amertume et de mes regrets. J’eus l’impression que mes frustrations s’adoucissaient au contact de Dany; le voir, le connaître, était un baume appliqué sur une douleur sourde mais patente.

Trois ans plus tard, alors que je n’avais aucunement l’intention de témoigner, me sentant parfaitement incapable d’écrire l’histoire de mon frère, j’en ressentis l’intense besoin et décidai de mettre en lumière, et à sa juste place, cet évènement.

Ce récit contribuerait à soustraire l’absurde dans lequel nous sommes, malgré nous, plus ou moins acteurs, en léguant à ceux qui nous succèderont l’héritage de notre passage. Il éclaircirait manifestement le cours de l’histoire.

J’associais d’autant mon frère à ce projet qu’il en était le centre. Projet prémonitoire d’un « ADN littéraire » bien à nous, pour ceux qui lui sont si chers, pour les autres que je n’étais pas sûr de rallier ; qu’importe. Mon but serait atteint. Il laisserait le seul héritage qui compte vraiment : l’origine et l’histoire de D. venu à ma rencontre, de ce père pour ses enfants, du papy pour ses petits enfants, points d’orgue de ce récit.

Au début, je ne pensais pas m’introduire dans cette biographie, voulant simplement rendre sa place à Dany dans notre famille. Mais au fil du temps, mes romans croisaient de plus en plus ma propre route et fatalement, il arriva un moment où la biographie de Dany, celle de notre père commun et la mienne devaient se rejoindre… Vaste projet que je n’avais pas mesuré au départ !

L’aboutissement

Ce père commun, sans doute l’ai-je redécouvert au fil du récit. J’éprouve une naturelle empathie pour Dany. Nos questionnements vis à vis de notre père, même si elles ne sont pas semblables, renvoient au mystère de son incapacité à nous tendre la main. Pour moi, comme pour Dany, il est passé à côté de nous.

Comprendre l’itinéraire de notre père, percevoir l’homme qu’il est devenu. Pourquoi et comment ? Poser un regard beaucoup plus bienveillant sur lui, tenter d’expliquer, et surtout contribuer à répondre au désir de D. de connaître davantage son géniteur, avec ses qualités et ses failles.

J’ai tenté de rester objectif et de dépeindre sans fard l’homme qu’il était, en tout cas ce que j’en avais perçu. Finalement la démarche que j’entrepris pour éclairer Dany m’a également permis de comprendre davantage mon père et l’écriture de ce livre m’a ouvert à plus d’amour.

À la reception du manuscrit, D. m’expédie un courriel très court:

J’ai retrouvé le proverbe chinois dont je t’avais parlé: « Un frère est un ami qui nous a été donné par la nature » Je le trouve fait pour nous.

 

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