Et le meilleur reste à venir

« Et le meilleur reste à venir » , une biographie écrite avec Guy Lavo, un agriculteur plein de ressources qui nous raconte comment il a été amené à devenir un inventeur génial dans l’agriculture puis dans l’industrie. Cela malgré des trahisons familiales et amicales.

Editions Scripta-Biographie de Guy LAVO et Valérie JEAN

Extraits

La famille Lavo-Hervé ancrée dans la ruralité d’Eure et Loir

Ymonville, Thonville, Mélléville, Bullainville, Dommarville, voici le périple que mes aïeux ont parcouru en quatre cents ans. L’arbre généalogique de la famille Lavo remonte à Mathurin Lavo, né vers 1610. Mes ancêtres paternels étaient laboureurs. Les premiers ont fait un déplacement de 20 km, un événement pour l’époque, aujourd’hui un saut de puce pour s’installer au cœur de la Beauce, en Eure et Loir, dans un mouchoir de poche.

Le seul Lavo qui a quitté sa région et sa quiétude est notre grand-oncle Simon Lavo, né en 1755. Il était chirurgien major dans les armées du roi Louis XVI et « l’Astrolabe et la Boussole », navire commandé par Monsieur De La Pérouse fut sa dernière affectation. Cette expédition, dont on a retrouvé les traces dernièrement, s’est abimée en mer à Vanikoro lors d’une tempête.

Le capitaine Morel, grand navigateur américain du début du XIXe siècle, prétend avoir retrouvé la trace de notre aïeul en citant : « Sur une des îles que j’ai visitées, M. La Voo (le chirurgien des bateaux de Lapérouse) mourut en 1834. J’ai vu aussi deux de ses enfants… » Peut-être avons-nous des cousins sur l’île de Lavo, Lavongaïe, dans la mer de Bismarck ?

Des jeux simples dans un village tranquille

Nos jeux étaient à la dimension de la cour de ferme. Les chevaliers du moyen-âge, les Indiens d’Amérique, et les cow-boys du Far West étaient les acteurs de nos évasions infantiles.

Déjà à l’époque, j’aimais bricoler arcs et épées, au grand désespoir de papa, qui voyait fondre sa boîte à clous et déplorait la dispersion de ses outils. J’avais également un jeu de Mécano, que j’ai d’ailleurs gardé, avec lequel je jouais des heures durant, exprimant ainsi ma créativité.

Malheureusement, il n’y avait pas de forêt, pas de rivière, pour construire des cabanes et vivre les exploits de Robin des bois ! Cela m’a manqué et à l’âge adulte, en 1976, j’ai réalisé un boisement aux abords de la ferme. Je l’ai composé de bouleaux, de merisiers, de noisetiers, et de sapins. Laissant faire la nature, je peux aujourd’hui profiter d’un sous-bois frais, calme, et sauvage.Je ne pourrais pas dire si j’étais un enfant turbulent, calme, docile ou compliqué, sans doute un peu tout à la fois, mais à l’époque les règles éducatives étaient strictes. Nous ne pouvions sortir de ce cadre sans nous exposer à la punition. Cependant, je n’ai pas de souvenir de correction physique, la voix de maman suffisait à nous remettre dans le droit chemin. Enfants, nous allions à la messe et même quelquefois aux vêpres mais je n’écoutais rien. J’étais comme au théâtre observant ces cérémonies créées par les hommes. Cependant, devenu adulte, j’ai eu la grande chance de rencontrer le pape Jean Paul II.J’ai été saisi par la profondeur de son regard. La spiritualité fait partie de mon existence.

Ecole entre murs et libertés

Dans cette école, nous jouissions d’une certaine liberté et il n’était pas utile de faire le mur, puisqu’il n’y en avait pas. L’emploi du temps était organisé sur deux semaines. À chaque quinzaine nous bénéficions d’un grand week-end de trois jours, samedi, dimanche et lundi, que je passais à Dommarville. Les dimanches intermédiaires, nous étions à l’école et nous bénéficions d’une totale liberté pour pratiquer en extérieur nos activités culturelles, sportives, et de loisirs.Durant ces quatre années, j’ai pratiqué le patin à glace à la patinoire de Compiègne, et le canoë-kayak sur l’Oise, parfois dans la mousse générée par les rejets de la production de l’usine Palmolive.

Il nous arrivait également de suivre à pied, les chasses à courre organisées par Monique de Rothschild dans la forêt de Compiègne. Lors d’une de ces chasses, le cerf, poursuivi par la meute, est venu se réfugier dans le potager de l’école. L’animal a été servi à la dague devant les élèves, car le piqueur n’avait plus son arme à feu. Triste souvenir !!! Nous avons appris ultérieurement que le directeur aurait pu imposer son droit de grâce en faveur de l’animal, ce qu’il n’a pas fait.

Pour nous occuper durant les petits week-ends, il nous était proposé nombre d’activités : de clubs loisirs, club photo, pyrogravure, théâtre, équipe de foot, rugby, etc. J’ai créé, à cette occasion, un club d’ébénisterie dont j’étais le seul membre. Mais cela ne me gênait en aucune façon. J’y ai fait et sculpté un râtelier à fusil qui a été exposé pendant 15 jours dans le réfectoire. Ce qui je dois l’avouer m’apporta une dose de fierté !

J’étais qualifié, à cette époque, de bon élève. Je travaillais essentiellement durant les études du soir que je prolongeais tard dans ma chambre, seulement interrompues pour écouter l’émission de Jacques Chancel « Radioscopie » sur France inter.   

En fait, les cours m’ennuyaient prodigieusement, et le temps me paraissait immensément long. Je ne suivais jamais consciemment les explications des professeurs, mais j’avais la faculté de prendre en notes l’intégralité des cours en écriture « automatique ». Il était inutile de me demander quoi que ce soit durant le cours, j’étais ailleurs. Par contre, le soir venu, je m’attelais à la relecture de mes notes afin de comprendre et de mémoriser le cours. En ce qui concerne l’histoire et la géographie, il me suffisait d’apprendre le cours écrit, et pour la physique et la chimie, mon esprit était capable de suivre le fil démonstratif des théorèmes et des formules. J’étais donc un élève particulier, dans ma bulle la plus grande partie du temps, et profondément sérieux quant au travail à fournir.

C’est à l’école de Pierrefonds que j’ai commencé à développer ma curiosité. L’éloignement a certainement été une chance pour ma vie future. Je me retrouvais avec des élèves dont les parents étaient majoritairement agriculteurs dans les départements de l’Oise, l’Aisne et la Somme. La modestie m’a été naturellement imposée.

Je qualifierai cette agriculture « d’aristocratie paysanne » alors qu’en Beauce, nous étions des paysans. Ce n’était pas lié à l’argent, car notre agriculture était tout aussi florissante. La différence était culturelle. En effet, les fils d’agriculteurs que je côtoyais à l’école habitaient en dehors des bâtiments d’exploitation et leurs parents géraient en chef d’entreprise. En Beauce, nous habitions au cœur de nos exploitations avec une gestion plus ancestrale. C’est certainement une des raisons pour laquelle nos décisions ont été plus rapides, quant à la suppression des élevages à viande et laitier.

Après la théorie, la pratique

J’étais alors en stage dans une exploitation d’élevage. L’agriculteur, M.V élevait des moutons .Après avoir côtoyé les grandes exploitations du bassin Parisien, je me trouvais face à la petite agriculture de montagne. Ma curiosité s’élargissait. L’accueil, la sympathie, et l’intelligence de la famille V. ont forcé ma modestie.

  • Étant « Beauceron » tu sais labourer alors tu vas labourer.

Et j’ai labouré chaque mardi durant cet hiver 1972-1973. En réalité, je ne savais pas, j’ai donc appris à régler la charrue. Étant donné la faible puissance du tracteur mis à ma disposition, je labourais uniquement dans le sens descendant de la pente.

En fin d’année, nous devions faire un rapport de stage.Nous devions également proposer à l’agriculteur, dans le cadre de ce rapport, une amélioration de son exploitation qui pouvait être technique, et/ou économique. J’ai choisi le sujet de la pénibilité et l’organisation du travail.Dans mon rapport, j’imaginais un bâtiment unique pour accueillir les moutons. Ce bâtiment était face aux pacages, et les moutons ne traversaient plus la cour de ferme. L’ergonomie du travail et sa pénibilité s’en trouvaient largement améliorées.J’eus la surprise, et le plaisir, l’année suivante, d’apprendre que mon plan d’amélioration avait été adopté et réalisé par M. V.

L’entrée dans le monde adulte

Dans les années 1970, malgré la révolution de 1968, trois institutions étaient toujours en place : le mariage, le service militaire et le travail qui permettait à un garçon de passer de l’adolescence au monde adulte. Je n’échappai pas à la règle.

En octobre 1974, je dois partir faire mon service militaire. En tant « qu’ appelé marié », mon affectation fut le 501e régiment de chars de combat à Rambouillet. Après un mois de formation, et quelques suppléments dont seule l’armée a le secret, j’ai été mis au service du colonel en tant que chauffeur. Avec lui, nous avions des échanges cordiaux et intéressants. J’assurais également la liaison postale avec la région militaire de Versailles.

Ce poste ne dura qu’un mois, car le colonel avait d’autres ambitions pour moi : il m’a inscrit volontaire désigné d’office pour le peloton élève sous-officier. 

Après un stage commando, cette formation m’a ouvert les portes d’un emploi très important ! J’étais adjoint au chef comptable de l’escadron des services et chargé de distribuer chaque mois les cigarettes aux « appelés ».

Ce travail m’occupait environ 5 heures par mois, avec l’obligation, d’avoir une caisse équilibrée. Lorsque j’avais en caisse la somme requise pour les cigarettes du mois suivant, je distribuais gratuitement le reste du stock. C’est ainsi que mon frère Marc a fumé plus que de raison durant cette période.

J’ai également été chargé des cuisines lors de manœuvres à Mourmelon. J’en ai récolté des amitiés chez les cuisiniers qui m’ont fait profiter des morceaux de choix pour mon chien et moi.

L’ingénierie industrielle, une voie

Le prix de la Fondation Pierre Sarrazin

EN 1993, j’eus l’occasion de présenter un dossier à la fondation Pierre Sarazin, (sous l’égide de la fondation de France) qui prime des initiatives collectives et individuelles dont le but est la valorisation du monde rural et agricole.

Le métier de DL SYSTEM était d’assister les agriculteurs dans l’utilisation de la plasticulture mécanisée et maîtrisée, celle-ci permettait également une économie en dispensant moins de pesticides. La DBE SYSTEM, enlevait les plastiques, les brossaient pour diminuer le taux de souillures et les enroulaient afin d’en réduire le volume pour faciliter leur transport. Le recyclage était inscrit dans les textes de loi. Le cahier des charges pour cette machine tenait compte de cette obligation juridique.

L’ingénierie que j’ai déployée intégrait l’ensemble des problématiques :

  • La sécurité pour l’utilisateur des machines,
  • La réduction des intrants,
  • Le devenir du plastique par son recyclage.

 J’ai obtenu le premier prix 1993 de la Fondation Pierre Sarazin, accompagné d’un chèque de 100 000 francs. Il me fut remis à l’école nationale de Grignon à Paris, par Le Député de ma circonscription.L’obligation de recyclage des déchets plastiques était bien inscrite dans la loi, mais elle n’était pas appliquée et mon invention ne connut alors pas le résultat commercial escompté. Malgré tout, DL Systema reçu deux citations au salon international SIFEL.

Une page se tourne

Mon parcours est certainement atypique. Mes embûches n’ont pas été insurmontables. Elles m’ont limé, érodé et ont dissout ma carapace. La patience et la persévérance sont les grandes leçons que la vie m’a apprises.

Chaque difficulté rencontrée était suivie d’une embellie. Les lendemains des jours noirs, des solutions m’étaient offertes.

Je crois dans mes anges gardiens et je les remercie, humblement, du fond du cœur de leurs bienfaits. Papa est l’un d’eux, je le sens proche et toujours prêt à me dispenser ses conseils.

Chacun doit suivre sa route, mais les poteaux indicateurs sont rares. Il faut avancer en respectant son âme, et son prochain.

J’ai fait mienne la citation :

« La parole vaut l’homme ou l’homme ne vaut rien ».

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